Alerte santé : pain, biscuits, pâtes… ces aliments de tous les jours préoccupent les experts, voici pourquoi

Fuente del artículo: Futura / Par: Annabelle Iglesias

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) vient de publier les résultats de sa troisième Étude de l’alimentation totale française. Elle constate des augmentations de la concentration moyenne en aluminium, en plomb et en cadmium, dans certains produits à base de céréales. 

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Les résultats publiés constituent le volet 1 de l’EAT3, qui est la troisième étude de l'alimentation totale française dirigée par l'Anses. Ces études visent à mesurer les niveaux de concentration des aliments par des substances chimiques et à évaluer les risques potentiels pour la santé liés à une exposition chronique. Ce premier volet de l'EAT3 s'est intéressé à cinq éléments traces métalliques (ETM) - l'argent, le cadmium, le plomb, l'aluminium et le mercure - et à l'acrylamide.

Le pain, les biscuits sucrés et les viennoiseries, des produits de plus en plus contaminés

Bonne nouvelle, l'EAT3 montre une diminution de la concentration moyenne en acrylamide, argent, aluminium, cadmium et plomb dans les aliments. En revanche, cette baisse ne concerne pas tous les aliments.

Il y a de plus en plus d'aluminium, de cadmium et de plomb dans certains produits à base de céréales tels que le pain, les biscuits sucrés, les viennoiseries ou les pâtes. Ce sont les aliments qui contribuent le plus à notre exposition alimentaire à ces trois substances chimiques, alerte l'Anses. Cette augmentation est également observée dans certains légumes bien que cela ne remette pas en cause les bénéfices nutritionnels apportés par la consommation de ces aliments. 

Le constat est clair, « les expositions à l'acrylamide, au cadmium, au plomb, à l'aluminium et au méthylmercure restent trop élevées pour tout ou partie de la population », indique Véronique Sirot, une des coordinatrices de cette étude.

L’acrylamide et le cadmium : des substances très surveillées

L'acrylamide est un composé qui se forme lors des procédés de cuisson à haute température (supérieure à 120 °C) comme la friture ou le rôtissage. On le retrouve le plus souvent dans les pommes de terre frites, sautées, les chips et les biscuits. Les premiers résultats de l'EAT 3 indiquent que les concentrations en moyenne en acrylamide ont diminué dans les aliments qui étaient les plus contaminés. Ainsi, il n'est plus détecté dans le café.  

« Ces réductions reflèteraient l'efficacité des mesures d'atténuation mises en œuvre par le secteur alimentaire pour diminuer la présence d'acrylamide dans les denrées alimentaires depuis quelques années. Toutefois, l'exposition des consommateurs reste trop élevée », a fait savoir Morgane Champion, deuxième coordinatrice de l'étude. 

Quant au cadmium, les aliments les plus contaminés restent les mêmes que ceux identifiés dans l'EAT2 : le pain et les autres produits à base de blé comme les pâtes, les viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits, les pommes de terre et les légumes, et, pour ceux qui en consomment régulièrement, les mollusques et crustacés. Ce métal est cancérigène et toxique pour la reproduction humaine. 

« Nous allons prochainement publier une expertise qui détaillera l'exposition globale de la population au cadmium, pas uniquement celle transmise par l'alimentation. Ce travail priorisera les actions à mettre en place pour réduire l'imprégnation de la population française au cadmium », a annoncé Véronique Sirot. 

Exposition au mercure : l’importance de limiter notre consommation de poissons

Concernant la contamination des aliments au mercure, les premiers résultats de l'EAT3 révèlent que cette substance est principalement retrouvée dans les poissons, quels qu'ils soient. Les concentrations les plus élevées sont retrouvées dans les poissons en bout de chaîne alimentaire, autrement dit les gros poissons (thon, merlu, espadon, requin...). Là encore, comme pour les légumes, cette contamination n'enlève en rien la qualité nutritionnelle du poisson. Mais pour nous protéger des risques liés à la toxicité de ces polluants, l'Anses recommande de nous limiter à deux portions de poisson par semaine (dont un poisson gras).

Exposition au plomb : les effets positifs des politiques de santé publique enfin visibles

L'exposition alimentaire au plomb a diminué par rapport aux résultats publiés dans l'EAT2 (la précédente étude de l'alimentation totale). Une baisse moyenne entre 27 et 41 % a été observée chez les enfants et entre 37 et 49 % chez les adultes. « C'est une bonne nouvelle. On voit ici l'effet des politiques de santé publique en vigueur depuis de nombreuses années, telles que l'interdiction du plomb dans l'essence, dans les canalisations d'eau, les peintures, etc. », se réjouit Véronique Sirot. 

Aujourd'hui, l'eau reste un contributeur majeur à notre exposition au plomb, mais l'Anses rappelle que ce n'est pas le seul. On trouve du plomb dans le pain, les légumes et dans les boissons alcoolisées.

Les prochains volets de l'EAT3 seront publiés au fil des prochaines années, a annoncé l'Anses. Les résultats concerneront la contamination des aliments par d'autres éléments traces, des substances issues de matériaux au contact des aliments comme les bisphénols et les phtalates, des résidus de pesticides et par les PFAS (polluants éternels).