Cette épice courante pourrait aider à faire baisser le cholestérol et protéger le coeur
Fuente del artículo: TopSante
Très utilisé en cuisine, le gingembre intrigue les médecins pour ses possibles effets sur le cholestérol et la santé cardiovasculaire. Entre chiffres prometteurs, résultats décevants et risques d’interactions, le vrai rôle de cette racine se précise.
EN BREF
En 2022 puis 2026, plusieurs revues scientifiques interrogent l’impact du gingembre sur le cholestérol, la tension artérielle et le risque cardiovasculaire.
Les essais recensés montrent surtout des modifications modestes du profil lipidique et de la glycémie, à des doses standardisées de gingembre en supplémentation.
Reste à savoir comment intégrer cette épice au quotidien, sans dépasser les doses tolérées ni empiéter sur les traitements prescrits contre le cholestérol.
Sur une prise de sang, un chiffre inquiète souvent : le cholestérol. Lorsqu’il reste trop élevé, il augmente le risque d’infarctus et d’AVC, rappelle le site médical Vidal. Face à ce danger silencieux, beaucoup regardent du côté du gingembre, racine piquante (Zingiber officinale) déjà présente dans la cuisine. Les études disponibles montrent un effet modeste sur le profil lipidique et la tension artérielle, surtout quand il est pris en complément alimentaire.
Les résultats restent toutefois loin d’un médicament. Les essais cliniques retrouvent surtout une baisse des triglycérides et une légère hausse du HDL-cholestérol, le bon cholestérol, alors que l’impact sur le LDL-cholestérol paraît plus variable. Autre limite importante : ces travaux portent surtout sur des gélules standardisées, pas sur une pincée de racine râpée dans un plat. Entre l’épice miracle des réseaux sociaux et le simple coup de pouce cardiométabolique, la réalité penche aujourd’hui vers la seconde option.
Gingembre et cholestérol : ce que disent les études
Une revue de 26 essais cliniques publiée en 2022, citée par la pharmacienne Dipa Kamdar de la Kingston University, a observé que la supplémentation en gingembre améliorait plusieurs paramètres sanguins : baisse des triglycérides, du cholestérol total et du LDL, avec en parallèle une hausse du HDL et une tendance à la diminution de la pression artérielle. Les doses allaient le plus souvent de 1 à 3 g de poudre par jour pendant 4 à 12 semaines.
Une méta-analyse plus récente, publiée le 23 juin 2026 dans une revue scientifique en accès libre, a compilé 13 articles chez des patients atteints de diabète de type 2. Le gingembre y est associé à une baisse de la glycémie à jeun d’environ 16,27 mg/dL et de l’HbA1c de 0,41 %, avec aussi une réduction des triglycérides d’environ 17,10 mg/dL et une petite hausse du HDL de 2,13 mg/dL. En revanche, les chercheurs n’ont pas retrouvé de diminution significative du LDL ni du cholestérol total et jugeaient l’ampleur globale des effets "d’importance clinique limitée".
Comment le gingembre agit sur le cœur
Ces effets sont liés à la composition de la racine. Le gingembre renferme des composés bioactifs comme le gingérol et le shogaol, aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. En limitant le stress oxydatif, ces molécules peuvent réduire les dommages subis par les lipides sanguins et la paroi des artères. Des travaux suggèrent aussi une meilleure sensibilité à l’insuline et une captation accrue du glucose par les cellules, ce qui réduit à terme la charge qui pèse sur le cœur et le système vasculaire.
Quelle dose de gingembre, et pour qui faire attention
Dans les essais, les doses se situent souvent entre 1 et 3 g de poudre de gingembre par jour, en gélules, pendant plusieurs semaines. Au quotidien, on peut l’ajouter frais, en poudre ou en infusion, sans viser une quantité précise. Ces usages culinaires sont généralement bien tolérés ; au-delà d’environ 4 g par jour, les études rapportent davantage de brûlures d’estomac, de ballonnements, de diarrhée ou d’irritation de la bouche. Prudence si vous prenez un anticoagulant ou un antiagrégant comme la warfarine, l’aspirine ou le clopidogrel, ou un traitement pour le diabète ou l’hypertension artérielle, car le gingembre peut renforcer leur effet. Les femmes enceintes devraient aussi demander l’avis de leur médecin avant d’en prendre en grande quantité. L’essai SPORT, publié en 2022 et commenté dans la revue Nature Reviews Cardiology, a montré que la statine rosuvastatine abaissait le LDL de 35,2 % en 28 jours, alors que les compléments testés n’étaient pas plus efficaces qu’un placebo : le gingembre reste donc un simple soutien d’hygiène de vie, pas un substitut aux statines prescrites.